Soleil couchant – Osamu Dazai

Résumé :

Une femme de l’aristocratie japonaise doit quitter sa demeure de Tokyo au milieu d’une guerre qui déchire le pays. Veuve, elle part s’installer dans un petit chalet de montagne avec sa fille Kazuko et y file des jours agréables malgré la maladie. Entre moment de contemplation et d’intimité avec sa mère, Kazuko s’occupe du jardin où elle plante et cueille les fruits et légumes qu’elle produit. Car bien qu’étant membre de l’aristocratie la famille de Kazuko s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté tout en essayant de conserver le plus possible leur mode de vie. Tandis que les jours s’écoulent, le frère de Kazuko s’apprête à revenir de la guerre. Mais celui-ci est un homme brisé par la guerre et le pays de l’époque. Alcoolique, drogué, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

La famille va alors vivre et même survivre à ce climat si particulier qu’est le Japon à la fin de la seconde guerre mondiale.

Mon avis :

J’ai adoré ce livre. Il entre immédiatement dans mes livres japonais préférés. A la lecture on comprend rapidement pourquoi ce livre est considéré comme un classique de la littérature japonaise mais aussi pourquoi Dazai est à ce point un incontournable au Japon. Son style est doux, sensible tout en étant profond. Et il évoque avec justesse dans ce roman la vie de la société japonaise à la fin de la guerre. Pour ceux qui lisent les articles que je poste, cela vous fera peut être penser à « un artiste du monde flottant ». Or si le sujet est le même, l’univers des deux auteurs est complètement différent. Car dans le roman de Dazai, le monde est enveloppé de désespoir et de chaos. Il évoque la chute d’une famille aristocrate et le malheur de celle-ci. Entre le mort du père, la maladie de la mère et une fille dépendante et qui n’a pas vraiment vécu, même le frère alcoolique et opiomane ne peut teinter d’espoir le destin de cette famille. Et pourtant la fin est à la fois bouleversante et lumineuse.

On sent aussi que l’auteur a mis une part énorme de son âme dans ce livre. Lorsque l’on se renseigne sur l’auteur on apprend en effet qu’il était issu d’une grande et puissante famille mais aussi qu’il était morphinomane, alcoolique et tuberculeux, à l’image du personnage du roman. Une fois que l’on a connaissance de ces éléments, on ne peut que se questionner sur le fait que les réflexions « dépressives » de l’œuvre ne soit en réalité, que les pensées de l’auteur lui même.

Au niveau des personnages, l’auteur nous livre leurs secrets, leur passé et leur avenir. Tandis que la mort est quotidienne, ils essaient tous de survivre. Survivre à eux même, survivre à cette société et à la morale japonaise, survivre à la ruine qui les a touché de plein fouet.

Ce livre est une histoire tragique mais pas seulement. C’est aussi un livre d’amour, de révolution, qui décrit avec justesse le chaos causé par la guerre et par la moralité. Un roman historique et à mon sens, une partie de l’âme de Dazai.

Il me tarde d’ailleurs de poursuivre ma lecture de cet auteur.

Note: 9/10

Gallimard, Décembre 1993, 1re dépot légal: Décembre1986, 201 pages

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